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Le cube de mercure et d'ébène se referme comme un poing et la mer à
l'intérieur s'étourdit sans mesure contre les parois infinies. Le vent
des eaux-étoiles souffle aux franges du vide un silence de la couleur
des plaies, oł l'écume froissée des nébuleuses incise une âme. * Le long de ces nuits innombrables et rampantes les marbres de lune perlent aux aubes rares sur la solitude immensité, rive-temps, où les cendres en marche reposent et pensent au chagrin des monts émiettés * UN VISAGE Souffrir pour s'extraire des ténèbres plates et prendre forme à la lumière (grise) qui consume les forêts et sentir enfin en un cri d'écorce et de vent le dos du monde contre ses lèvres * CRÉATEUR Tendant mes voiles au vent des centuries à l'approche je cède aux transes centrifuges menant aux étoiles de sel et je navigue aux paupières collées de jeunes océans aux orées des champs originels * VIDE Regardez les momies de plomb et les fantômes danser au seuil des gouffres et les saturnes s'étourdir en lourdes marionnettes irisées tournoyer en rondes probables et rebondir au fond des âges À nouveau * ITHAKA Le chemin longera les tertres jusqu'aux détroits de là nous pourrons déchiffrer les noires maladies les étoffes sans fond qui drapent nos douleurs Tandis que les mourants de l'herbe claire les chairs ouvertes tressailliront encore aux immensités du jour |
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© Copyright 2002 Cécile Mérillon Quelques poèmes de René Char... |